Budget & méthode11 min de lecture

Soutenance prestataire logiciel : 10 points

Checklist en 10 points pour évaluer prestataires logiciels : besoin, méthode, planning, budget, sécurité, support et reprise du code.

Julien Thomas

Julien Thomas

Co-fondateur & CEO, Ziema

Soutenance prestataire logiciel : 10 points

Pour choisir un prestataire logiciel, je vérifie ses preuves, pas son diaporama. Je soumets le même brief à chaque candidat, puis je compare ses engagements sur 10 points :

  1. Le besoin : périmètre, exclusions et résultats attendus.
  2. Les usages : parcours métier testés, avec leurs cas limites.
  3. La méthode : étapes, livrables et responsabilités de chacun.
  4. Le planning : dates promises, jalons et conditions de livraison.
  5. Le budget : coût total sur 3 ans, en euros HT, options et frais compris.
  6. L’équipe : noms, rôles et temps prévu pour le projet.
  7. Les données et connexions : reprise testée et interfaces vérifiées.
  8. La sécurité et le RGPD : hébergement, accès, sauvegardes et clauses écrites.
  9. Le support : travaux couverts et délais de prise en charge et de résolution.
  10. Le code et le transfert : droits, documentation et possibilité de changer de prestataire.

Ma règle : <u>une bonne note ne compense pas un prérequis manquant</u>. Avant de signer, je fais inscrire les engagements au contrat. Une promesse orale reste à confirmer.

Choisir un prestataire logiciel : des preuves au contrat

Choisir un prestataire logiciel : des preuves au contrat

Points 1–3 : adéquation métier et méthode projet

1. Vérifiez la compréhension de vos besoins

Demandez au prestataire de reformuler votre fonctionnement actuel : qui fait quoi, dans quel outil, avec quelles validations et quelles doubles saisies. Le périmètre doit préciser ce qui est inclus, ce qui est exclu et les décisions encore ouvertes.

Reliez chaque fonction importante à un résultat observable : supprimer une ressaisie, raccourcir un délai de traitement ou réduire les erreurs. Pour chaque critère de recette, fixez la situation de départ, la cible, la méthode de test et le responsable de la validation. Sans mesure de départ, impossible de vérifier le gain.

Une fois le besoin clarifié, passez au test sur un cas réel.

2. Testez des parcours PME complets

Pendant la démonstration, suivez un parcours complet, de la demande initiale à l’archivage. Vérifiez les droits d’accès, les validations et la gestion des exceptions. Faites distinguer ce qui fonctionne déjà, ce qui est simulé et ce qui reste à développer.

Classez chaque exigence : couverte, partiellement couverte, paramétrable, à développer spécifiquement ou exclue. Notez les contournements nécessaires et leurs conséquences.

Un ERP ou un SaaS standard suffit s’il répond au besoin sans contournements lourds. Envisagez de choisir entre sur-mesure et SaaS si des processus indispensables imposent des ressaisies ou des exports Excel.

3. Clarifiez les étapes et vos responsabilités

Après le test métier, fixez la méthode, les rôles et les livrables. Demandez ce qui sera livré et validé à chaque phase : cadrage, conception, développement, tests, recette, déploiement et formation.

Pendant la soutenance, faites préciser qui fournit les données, valide les maquettes, réalise les tests et autorise ou bloque la mise en production. Faites chiffrer le temps demandé à vos équipes à chaque étape. Prévoyez aussi un suppléant pour chaque décision importante et précisez comment les blocages seront corrigés avant le lancement.

Demandez un compte rendu type pour comparer les engagements des prestataires. Il doit présenter les travaux réalisés, les prochaines actions, les risques, les décisions et les écarts de planning ou de budget. Vous pourrez ainsi suivre les écarts et les arbitrages pendant le projet. Chaque action doit avoir un responsable et une échéance.

Pour toute évolution, exigez une analyse des effets sur le périmètre, le coût, le délai et la maintenance, puis une validation écrite avant sa réalisation.

Points 4–6 : planning, coûts et équipe projet

Le besoin et la méthode sont validés. Vérifiez maintenant que le prestataire peut tenir ses engagements sur les délais, les coûts et les ressources annoncées.

4. Confirmez les dates de livraison et les jalons

Demandez un planning daté (15/03/2027) qui associe chaque jalon à un livrable et aux conditions nécessaires pour le réaliser : accès aux systèmes existants, disponibilité des utilisateurs et délai de validation côté client.

Faites séparer les dates engagées des dates indicatives. Demandez aussi ce qui pourrait retarder le projet, sous quel délai le prestataire vous alertera et quelles mesures il prévoit pour limiter le décalage.

Vérifiez si le déploiement peut se faire par étapes. Chaque lot doit être utilisable et prévoir des critères d’acceptation, une assistance au démarrage et un plan de retour arrière. La première livraison et la mise en production complète doivent avoir des dates distinctes.

5. Comparez les coûts totaux et les exclusions

Demandez un chiffrage séparé pour le cadrage, le développement, les interfaces, les licences, l’hébergement, la migration, la formation et la maintenance. En forfait, contrôlez le périmètre inclus. En régie, vérifiez la charge estimée, le taux journalier moyen (TJM) et le plafond autorisé.

Examinez également les options et les frais variables : consommation de cloud, déplacements, nettoyage des données ou assistance hors horaires ouvrés.

Comparez les offres sur 3 ans, à partir des montants réels en euros HT. Complétez la grille pour chaque proposition : un poste non chiffré n’est pas un poste gratuit. Le total sur 3 ans doit intégrer les frais initiaux, les coûts récurrents, les options retenues et les indexations.

Proposition Coût initial Coût annuel récurrent Total sur 3 ans Périmètre inclus Exclusions Risques financiers
Offre A À renseigner À renseigner À calculer À détailler À préciser À documenter
Offre B À renseigner À renseigner À calculer À détailler À préciser À documenter
Offre C À renseigner À renseigner À calculer À détailler À préciser À documenter

6. Identifiez l’équipe et sa disponibilité

Obtenez les noms des personnes affectées au projet, leurs rôles, leur expérience métier et leur disponibilité par phase, en jours par semaine. Vérifiez en particulier leur présence pendant la recette et la mise en production.

Faites préciser les tâches sous-traitées et la personne qui en est responsable. Demandez aussi comment sera remplacé un intervenant clé, avec quelles modalités de transfert de connaissances. Enfin, identifiez le référent projet côté prestataire : un titre de poste ne suffit pas, il vous faut un nom.

Ce socle validé, passez à la reprise des données, aux interfaces et à la sécurité.

Points 7–8 : reprise des données et sécurité

Après l’équipe et le planning, vérifiez les éléments qui conditionnent la mise en production : les données, les interfaces et la sécurité.

7. Planifiez la reprise des données et les connexions

Dressez l’inventaire des fichiers, applications et services concernés. Pour chacun, indiquez le propriétaire, le format, le volume, la sensibilité, les règles de conservation et le mode de connexion. Exigez une table de correspondance des champs et désignez qui doit supprimer les doublons, normaliser les données et valider leur reprise. Classez chaque interface selon son état : testée, partiellement testée ou à développer.

Demandez une migration d’essai avant la bascule. Comparez ensuite la source et la destination : nombre de fiches, montants des factures et liens entre les enregistrements clés. Faites valider les résultats par les utilisateurs métier et consignez les rejets dans un rapport.

Le plan de bascule doit préciser le gel des saisies, le traitement des opérations en cours et les conditions de retour à l’ancien système. Une fois la reprise cadrée, examinez l’hébergement, les accès et les obligations RGPD.

8. Vérifiez la sécurité, l’hébergement et les obligations RGPD

Faites de ces vérifications des conditions de lancement pour limiter les risques d’interruption et de fuite de données. Obtenez la liste des pays d’hébergement, de sauvegarde et d’accès au support, ainsi que celle des sous-traitants.

Contrôlez les droits par rôle, les comptes individuels, l’authentification multifacteur des administrateurs, le chiffrement et les journaux d’accès. Un hébergement en France ne suffit pas : documentez et encadrez aussi les accès depuis des pays hors EEE et tout transfert hors EEE.

Pour les sauvegardes, exigez leur fréquence, leur durée de conservation, leur isolation et une preuve datée d’un test de restauration.[5] Inscrivez au contrat la perte de données maximale admissible (RPO) et le délai maximal de rétablissement (RTO). Fixez également le délai d’alerte du prestataire pour pouvoir évaluer une violation et, si nécessaire, la notifier à la CNIL dans les 72 heures après en avoir pris connaissance.[2][4]

Précisez qui est responsable de traitement et qui est sous-traitant. L’accord de sous-traitance des données doit couvrir les instructions, la confidentialité, la sécurité, les autres sous-traitants, l’assistance, les audits et la restitution ou la suppression des données.[1][3] Consignez chaque réponse manquante comme un risque, avec un responsable et une échéance avant signature.

Passez ensuite à la maintenance et aux conditions de propriété et de reprise du code.

Points 9–10 : support et propriété après le lancement

9. Définissez les conditions de maintenance et de support

Après la livraison, le contrat doit préciser ce qui reste couvert, les délais d’intervention et les recours possibles. Distinguez la garantie des maintenances corrective, préventive et évolutive. Pour chaque poste, demandez ce qui est pris en charge : un export de factures qui échoue, une bibliothèque obsolète ou un changement de règle fiscale.

Point à comparer Précisions à obtenir
Garantie Durée, défauts couverts et exclusions
Horaires du support Jours, plages horaires, fuseau horaire, jours fériés français et astreinte
Travaux inclus Corrections, correctifs de sécurité et mises à jour
Prise en charge Délais selon la gravité, canaux de contact et procédure d’escalade
Rétablissement Délais de mise en place d’un contournement et de résolution
Facturation Forfait, taux HT, minimum facturé, urgences et indexation
Hébergement et mises à jour Responsable de chaque couche : système d’exploitation, dépendances, application et mises à jour de sécurité

Vérifiez aussi comment le prestataire traite les incidents en pratique. Un accusé de réception n’est ni un contournement ni une correction définitive. Le contrat doit distinguer ces étapes et préciser qui teste les correctifs, qui les déploie et comment revenir à la version précédente. Il doit aussi prévoir un relais si l’expert habituel est absent. Demandez un ticket, un rapport d’incident et une demande de changement pour examiner le fonctionnement du support.

10. Confirmez la propriété du code et les conditions de transfert

Vérifiez ensuite que vous pourrez utiliser le logiciel sans dépendre du prestataire. Le paiement ne transfère pas automatiquement les droits. L’accès au dépôt, la licence et la cession des droits patrimoniaux sont trois choses différentes. Une cession écrite doit préciser les droits concernés, leur étendue, leur destination, leur territoire et leur durée.

Séparez le code propre au projet, les composants préexistants du prestataire, les bibliothèques open source et les services tiers. Pour chacun, faites préciser les licences, les usages autorisés et les coûts.

Exigez une remise exploitable, qui comprend :

  • Le dépôt Git, les scripts de déploiement, la configuration, le schéma de base de données et les variables d’environnement.
  • Les comptes administrateurs et la procédure de transfert des accès.
  • Les procédures de sauvegarde, de restauration et de supervision.
  • Les tests, la documentation technique et utilisateur, les spécifications d’API et l’inventaire des licences.

La clause de réversibilité doit fixer les livrables, le délai et le responsable du transfert. Inscrivez ces engagements dans le devis et le contrat, puis faites tester un déploiement sur une infrastructure indépendante du prestataire, à partir des éléments remis. Ce test permet de vérifier que le logiciel peut être repris, au-delà d’une simple archive de code.

Conclusion : choisissez sur des preuves écrites

Après les soutenances, regroupez les preuves dans une seule grille par prestataire pour comparer les offres sur la même base. Indiquez si chaque critère est obligatoire ou souhaitable, puis attribuez une note avec la même échelle : 0 = absent ou inacceptable ; 1 = incomplet ou risqué ; 2 = acceptable sous conditions ; 3 = documenté et satisfaisant.

Vérification Prestataire Statut Preuve à référencer Note /3 Point bloquant Action de suivi
1. Compréhension du besoin Obligatoire Périmètre validé, exclusions
2. Cas d’usage PME Obligatoire Scénarios testés de bout en bout
3. Méthode projet Obligatoire Étapes et responsabilités écrites
4. Planning Obligatoire Jalons datés, critères de recette
5. Budget total Obligatoire Devis détaillé, frais récurrents
6. Équipe Obligatoire Noms, rôles et disponibilités
7. Migration et connexions Obligatoire Plan de reprise, interfaces
8. Sécurité et RGPD Obligatoire Mesures documentées, clauses RGPD
9. Maintenance Obligatoire Conditions de support écrites
10. Propriété du code Obligatoire Clauses de propriété et de remise

Avant de choisir, rassemblez les documents référencés dans la grille et vérifiez que les montants sont indiqués en euros HT. Tout engagement oral reste « à confirmer ». Pour chaque réponse manquante, précisez dans l’action de suivi la question à résoudre, le nom du responsable, le document attendu et la date limite au format JJ/MM/AAAA.

Une bonne moyenne ne compense jamais un échec sur une exigence obligatoire. Suspendez le choix tant qu’un point critique reste ouvert. Consignez ensuite par écrit la décision, ses motifs et les conditions de levée des points bloquants.

FAQs

Qui dois-je inviter à la soutenance ?

Réunissez trois profils internes : le décideur final pour trancher les choix stratégiques, le chef de projet métier pour vérifier que l’outil répond aux besoins du terrain, et un référent technique pour évaluer la faisabilité des solutions proposées. Leur présence évite les retards de décision.

Pour un projet complexe, désignez aussi des personnes pour tester l’outil et accompagner les futurs utilisateurs. Cet appui facilitera la prise en main après le déploiement.

Comment vérifier les références du prestataire ?

Ne vous arrêtez pas aux présentations commerciales. Demandez des cas d’usage précis, tirés de projets similaires au vôtre, qui détaillent le cadrage des besoins, la gestion des données et la maintenance.

Une liste de noms de clients ne suffit pas. Un prestataire fiable doit vous montrer ses réalisations et expliquer en quoi elles répondent à vos enjeux métier.

Que faire si un engagement contractuel n’est pas tenu ?

Appuyez-vous sur les mécanismes prévus au contrat et sur le tableau des responsabilités établi au démarrage : circuit d’escalade, délais d’intervention et éventuelles pénalités.

En cas d’incident technique, le délai d’intervention n’est pas le délai de rétablissement effectif du service. Vérifiez que le contrat précise les procédures de gestion des litiges, les seuils de reprise du service et les preuves de conformité attendues à chaque étape.

Julien Thomas, cofondateur et CEO de Ziema

Écrit par

Julien Thomas

Co-fondateur & CEO de Ziema

Je dirige Ziema, où nous concevons les logiciels métier que les éditeurs du marché ne font pas : applications métier, plateformes opérationnelles et SaaS verticaux. Au forfait, avec un périmètre et un délai engagés. Nos références : 24 Heures Le Mans, E.Leclerc, Théra-Connect.

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